Les Misérables – Le nouveau western

Premier long métrage de Ladj Ly, Les Misérables est une fable moderne sur la banlieue, sa tentative d’auto-gestion et ses relations avec les représentants de l’ordre…

Le Pitch

Juillet 2018, Montfermeil connait comme de nombreuses villes de France, l’effet « Coupe du Monde », l’unité est de mise. Black, blanc, beurs célèbrent une nouvelles fois leurs héros.

Mais, Montfermeil est aussi l’une des nombreuses villes qui composent la Seine-Saint-Denis.

Régulièrement confrontée à de nombreux problèmes de délinquance que tentent de juguler tant bien que mal les « grands-frères » et les forces de l’ordre.

Si la banlieue est apaisée pendant un court instant, un événement va chambouler la paix fragile procurée par l’équipe de France de Football.

Alors qu’un cirque vient d’arriver en ville, l’un des lions de la ménagerie a disparu. Les gitans propriétaires du fauve menacent la communauté noire de représailles si la bête n’est pas retrouvée dans les 24h.

C’est dans ce contexte plus que tendu que Stéphane, fraîchement muté de Cherbourg intègre un équipage de la Brigade Anti-Criminalité composé de Chris et Gwada, deux bacqueux craints plus que respectés.

On regarde ?

Lauréat du prix du Jury à Cannes (et probablement en lice pour un Oscar). Les Misérables est l’une des bouffées d’air dont le cinéma français a clairement besoin en ce moment, lui qui ronronne à coup de comédies perfusées au CNC.

Si La Haine de Kassovitz avait signé l’un des premiers témoignages des souffrances endurées par les banlieues, Les Misérables sont toujours là et ce malgré les nombreuses promesses et tentatives sans moyens.

Ladj Ly, signe ici un portrait de la banlieue à hauteur d’hommes, juste, sans jamais en rajouter, mettant le focus sur les relations entre BAC et jeunesse à la dérive.

Que ça soit les 3 BACqueux avec leur complémentarité folle proche d’un véritable équipage, les différents jeunes, grands-frères et autres gitans.
Tous donnent au film un côté brut mais touchant, lourd mais pas (trop) anxiogène. Preuve de la violence de la société actuelle n’hésitant pas à laisser les plus démunis dans un abysse qui semble sans fond.

C’est un complément terriblement parfait au Joker de Todd Phillips mais également au Sorry We Missed you de Ken Loach.

C’est à voir ABSOLUMENT !

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